L’estime de soi est un sujet que je rencontre très souvent au cabinet. Des personnes qui doutent d’elles, qui se comparent beaucoup, qui ont peur de décevoir, qui ont besoin de faire toujours mieux ou qui ont énormément de mal à reconnaître leurs réussites.
Et pourtant, ce sont souvent des personnes tout à fait capables, qui ont construit beaucoup de choses dans leur vie.
Alors pourquoi est-il parfois si difficile de reconnaître sa propre valeur ?
L’estime de soi se construit progressivement, dès l’enfance, à travers nos expériences mais aussi à travers le regard que les autres ont porté sur nous. Et certaines choses que nous avons vécues ou entendues peuvent encore influencer, bien des années plus tard, la manière dont nous nous regardons.
Comment se construit l’estime de soi ?
Enfant, nous apprenons beaucoup sur nous-mêmes à travers notre entourage : nos parents, notre famille, l’école, nos copains…
Les encouragements participent à cette construction, mais également les critiques, les comparaisons, les attentes ou certaines petites phrases entendues régulièrement :
« Tu peux faire mieux. »
« Fais encore un effort. »
« C’est bien, mais… »
Évidemment, une phrase prononcée un jour ne suffit pas à fragiliser l’estime de soi. Mais lorsqu’un enfant comprend progressivement qu’il doit réussir, être sage, faire plaisir ou répondre aux attentes pour être valorisé, il peut finir par associer sa valeur personnelle à ce qu’il fait.
Et si notre système scolaire y avait aussi participé ?
Je pense que beaucoup de personnes de ma génération ont grandi avec une culture assez importante de la note.
Il y avait les contrôles, les moyennes, les bonnes et les mauvaises notes… et parfois ce fameux « peut mieux faire », même lorsque le résultat était déjà plutôt bon.
Bien sûr, nous ne l’avons pas tous vécu de la même manière. Mais pour certains enfants, notamment ceux qui avaient déjà très envie de bien faire ou peur de décevoir, cela a pu renforcer une idée :
« Ce que je fais n’est jamais tout à fait suffisant. »
Et cette manière de fonctionner peut nous suivre à l’âge adulte.
Il n’y a plus de note sur 20, mais on continue parfois à se noter soi-même : dans son travail, son couple, son rôle de parent, son apparence, ses réussites…
Estime de soi et confiance en soi : quelle différence ?
Les deux sont liées, mais ce n’est pas exactement la même chose.
La confiance en soi concerne davantage ce que je pense être capable de faire.
L’estime de soi concerne la valeur que je m’accorde en tant que personne.
On peut donc être très compétent professionnellement, avoir des responsabilités, sembler sûr de soi… et avoir malgré tout une estime de soi fragile.
C’est quelque chose que je rencontre régulièrement au cabinet.
La personne sait qu’elle est capable, mais une critique, un échec, un rejet ou le sentiment de ne pas être à la hauteur peut rapidement réveiller quelque chose de beaucoup plus profond.
Comment renforcer son estime de soi ?
Pour moi, travailler l’estime de soi ne consiste pas à se regarder chaque matin dans un miroir en essayant de se convaincre que l’on est formidable.
Il s’agit plutôt d’apprendre à observer la manière dont on se parle et dont on s’évalue.
Est-ce que je minimise systématiquement mes réussites ? Est-ce que je me parle avec la même bienveillance que je parlerais à quelqu’un que j’aime ? Est-ce que j’ai besoin du regard des autres pour me sentir suffisamment bien ? Est-ce que je m’autorise à me tromper ?
Et surtout, il peut être important d’apprendre progressivement à différencier ce que je fais de ce que je suis.
Faire une erreur ne signifie pas être nul.
Échouer ne signifie pas ne pas être à la hauteur.
Décevoir quelqu’un ne signifie pas être une mauvaise personne.
Cela paraît évident lorsqu’on le lit. C’est parfois beaucoup moins évident lorsqu’il s’agit de soi.
Travailler l’estime de soi en accompagnement
Lorsque l’estime de soi est profondément fragilisée, comprendre son origine peut être intéressant.
En accompagnement psychothérapeutique, nous pouvons explorer ensemble la manière dont cette image de vous s’est construite, les expériences qui ont pu l’influencer et les schémas qui continuent parfois à se répéter aujourd’hui.
L’hypnose peut également venir compléter ce travail, notamment lorsque certaines croyances sont profondément ancrées et qu’il existe un décalage entre ce que l’on sait rationnellement et ce que l’on ressent intérieurement.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais douter.
Il s’agit plutôt de construire une estime de soi suffisamment solide pour qu’une erreur, une critique ou le regard d’une autre personne ne définisse plus à lui seul votre valeur.
Pour conclure
Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas se trouver extraordinaire ni penser que l’on réussit tout.
C’est pouvoir reconnaître ses qualités comme ses imperfections, réussir certaines choses, en rater d’autres… sans remettre systématiquement en question sa valeur personnelle.
Et peut-être, progressivement, remplacer ce vieux « peut mieux faire » par quelque chose de beaucoup plus juste :
« Je peux encore apprendre, évoluer et changer sans avoir besoin de prouver que je mérite d’avoir de la valeur. »

